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Montréal,
lundi 15 octobre 2001
Le
refus de l'industrialisation des jeux de hasard: Entre
milliards de $ empochés par l'État et coût humain,
un choix de société s'impose
Au printemps dernier, alors que le suicide d'un joueur dans le stationnement
du Casino de Montréal soulevait la controverse, à l'Assemblée
nationale, sur les responsabilités de l'État dans cette
affaire, le Premier ministre Landry s'engageait, au nom du gouvernement,
à tenir un vaste débat sur la question. Plus précise,
Mme Maltais, ministre déléguée à la Santé,
annonçait dans cette foulée qu'elle organiserait un forum
sur l'impact social des vidéo pokers et des casinos à l'automne
2001. Du coup elle optait pour une consultation d'experts plutôt
que pour un référendum populaire.
Nul n'ignore que cette activité rapporte gros à l'État.
Québec dispose de 10 000 détaillants vendeurs de billets
de loterie, et de 4000 établissements qui rendent disponibles 15
000 appareils de jeux vidéos. Il contrôle en plus 170 salles
de bingos par satellite et trois casinos. Pour la seule année de
2000, le Trésor public a récolté 1,3 milliards de
dollars en profits nets. De là à voir, dans l'attitude laxiste
du gouvernement, une politique de l'autruche délibérément
adoptée pour des motifs budgétaires, il n'y a qu'un pas.
Les impacts négatifs reliés aux jeux de hasard sont pourtant
indéniables. Suicides, délinquance, faillites personnelles,
toxicomanie, dislocations familiales, etc. constituent un coût social
dont l'ampleur dépasse le simple chiffre de joueurs pathologiques.
Comment l'État peut-il permettre la diffusion des valeurs Ápostmodernesû
de jouissance immédiate et de liberté sans contrainte, largement
renforcées par la publicité, quand il sait que dans une
situation où les voies traditionnelles du travail semblent bouchées,
le jeu pourrait être perçu, par les couches défavorisées,
comme une stratégie alternative d'ascension sociale?
La table ronde sera l'occasion de faire le point sur ces questions
à la veille du Forum annoncé par le ministère de
la Santé et des services sociaux. La perspective proposée
se veut globale en considérant la problématique dans son
contexte historique, social et politique.
PANELISTES :
- Amnon J. Suissa, professeur au département
de travail social, Université du Québec à Hull;
- Claude Bilodeau, directeur de la Maison Claude-Bilodeau;
- Jean-Claude Leclerc, rédacteur de la chronique
Á Éthique et religions û au quotidien Le Devoir.
Lundi
15 octobre 2001, 19 h à 21 h 30
Maison Bellarmin
25, rue Jarry Ouest
Montréal, QC
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